Tervuren Info

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Histoire

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L’histoire de Tervuren de 727 à 1897

Plusieurs personnages ont laissé une forte empreinte sur l’histoire de Tervuren, sa structure et son aspect actuel.

Avec une certaine vraisemblance, on peut identifier Tervuren avec Fura, le lieu du décès de saint Hubert en 727. Cette affirmation concorde avec la présence d'un domaine de la couronne carolingienne le long des vallées de la Voer et de l'Issche.
Fura est l'appellation latine de Vuren, du nom de la Voer qui prend sa source dans la commune. Tervuren signifie "sise sur la Voer".

Le vieux coeur du village, la magnifique avenue de Tervuren, l'église paroissiale, le grand parc de 207 ha, le Musée Royal d'Afrique Centrale représentent l'aboutissement d'une évolution historique dont le départ est donné par le duc de Brabant Henri I le Guerroyeur, vers 1200. Elle est poursuivie par ses successeurs jusqu'en 1430 et ensuite par les archiducs Albert et Isabelle (1599-1633), le gouverneur Charles de Lorraine (1748-1780), le prince d'Orange (1815-30) et surtout par le roi Léopold II (1865-1909).

Tervuren de 1200 à 1633

En son temps, le duc de Brabant Henri I le Guerroyeur (1190 à 1235) bâtit une résidence à Tervuren. Il y séjourna de façon régulière durant les quinze dernières années de son règne. Il étendit son domaine de chasse et fit construire une église privée à proximité de sa forteresse. Cette église devint un édifice paroissial dédié à saint Jean l'Evangéliste, et ce au détriment de la chapelle du château. Ceci est sans doute la raison pour laquelle le centre du village de Tervuren s'est déplacé lentement au cours des siècles suivants.

Le château fut occupé régulièrement, agrandi et fortifié jusqu'en 1430. Le duc Jean II le Pacifique (1294-1212) fit ériger la grande salle gothique des chevaliers, qui servit souvent pour la réunion des États généraux du Brabant ainsi que comme salle de fête après les grandes parties de chasse.

Au début du 15e siècle, Antoine de Bourgogne (1404 à 1415) transforma le château fort en élégant pavillon de chasse. Fait remarquable : puisque Tervuren était leur résidence favorite, les ducs se firent enterrer dans l'église Saint-Jean. C'est le cas pour la duchesse Jeanne de Saint-Pol en 1407, le duc Antoine de Bourgogne en 1415, leurs fils le duc Jean IV en 1427 et Philippe de Saint-Pol en 1430.
Après 1430 le château de Tervuren connut un profond déclin.

L'arrivée des archiducs Albert (1599 à 1621) et Isabelle (1621 à 1633) conduisit à une  nouvelle période de gloire. Après 1610, ces derniers transformèrent le château fort médiéval en une délicieuse résidence de campagne. L'architecte de la Cour Wenzel Coeberger, reçut pour tâche de rénover entièrement le château. On peut constater le résultat sur de nombreuses gravures et tableaux, entre autres de Pierre-Paul Rubens, Jean Brueghel et Denis van Alsloot. Le même architecte construisit dans la cour d'honneur la chapelle Saint-Hubert, aujourd'hui préservée.

De 1625 à 1633 Isabelle fit clôturer d'un mur de briques la totalité du parc qui ne faisait à l'époque que la moitié de la surface actuelle. Ce mur d'enceinte avait pour but de préserver le gibier : cerfs, sangliers et petit gibier de toutes sortes. De grands pans de murs existent toujours. Le monastère des Capucins fut construit dans la forêt de Soignes à l'initiative d'Isabelle qui allait parfois s'y retirer. Il disparut à la Révolution française.

La période autrichienne (1740-1780)

Un nouveau déclin suivit la période espagnole. En 1725 Marie-Elisabeth, la nouvelle gouvernante des Pays-Bas, donna pour mission à l'architecte de la Cour, Jean-André Anneessens de réparer entièrement le château. Après la mort de ce dernier, en 1754, Charles de Lorraine confia cette tâche à l'architecte brugeois Jean Faulte.

Charles de Lorraine se distingua à Tervuren par l'apport de nombreuses  constructions. Le château devint une élégante résidence du XVIII e siècle. On érigea une nouvelle  aile. A l'ouest, entre le centre du village et le château, on ajouta un complexe d'écuries en forme de fer à cheval, de style thérésien. Au sud fut édifiée une vaste orangerie.
Dans le parc (Warande) d'autres réalisations virent le jour : un jardin d'agrément comprenant un labyrinthe et des engins de jeux, un bassin ornementé de  pavillons chinois, une cascade, ainsi qu'un bâtiment industriel appelé Manufacture dans lequel on fabriqua des porcelaines, du papier peint, du papier, de la soie, des boutons et d'autres produits. Un canal reliait cette fabrique  expérimentale au château. 

Comme l'ancien château ducal se révélait         
froid et humide, le seigneur du lieu fit bâtir une autre demeure sur les hauteurs de
Hoogvorst, à la limite de Kraainem, appelée Château Charles ou Belle Vue. Ce bâtiment n'était pas encore entièrement terminé lorsque Charles de Lorraine y décéda le 4 juillet 1780.
Le 22 juin 1781, son oncle, Joseph II, l'empereur d'Autriche, visita Tervuren. Rentré à Vienne, il donna l'ordre le 16 septembre de détruire non seulement le grand château dans le parc, mais aussi la résidence inachevée. Le château séculaire fut rasé. Seules la chapelle Saint-Hubert et les écuries échappèrent à la pioche des démolisseurs.

Le prince d'Orange à Tervuren

Le 21 juin 1814, la Belgique fut annexée aux Pays-Bas pour former un seul pays. Guillaume Ier, roi des Pays-Bas prêta serment à la Constitution le 21 septembre 1815. Un décret royal du 27 décembre 1815 attribua le parc de Tervuren à son fils Guillaume Frédéric pour la vaillance qu'il montra à la bataille de Waterloo. A ce moment, il n'y subsistait plus aucune résidence.
C'est pourquoi on érigea dans la partie nord un pavillon carré, d'après les plans de l'architecte Charles van der Straeten (1771-1834).
La première pierre fut posée en juin 1817. Lorsque le prince héritier fit sa Joyeuse Entrée à Tervuren en 1819, ce qui donna lieu à de grandes festivités populaires, les travaux n'étaient pas encore terminés. Guillaume Frédéric et son épouse, la princesse russe Anna Pavlovna, purent enfin intégrer leur foyer le 1er août 1823. "L'ensemble de cette composition rappelle les jolies villas d'Italie" disait-on du Pavillon en 1827.

Guillaume Frédéric établit un haras dans le Fer à Cheval et fit restaurer la chapelle Saint-Hubert. Il dut s'enfuir après l'insurrection belge de 1830. En 1840, il succéda à son père comme roi des Pays-Bas sous le nom de Guillaume II.

L'impératrice Charlotte du Mexique (1840-1927)

Charlotte, la soeur cadette de Léopold II, épousa en 1857 Maximilien d'Autriche. En 1863, on offrit au couple la couronne impériale du Mexique. Mais une guerre civile éclata dans ce pays. Charlotte revint en Europe chercher de l'aide mais  Maximilien fut fusillé à Queretano en 1867. Léopold II installa alors son infortunée soeur atteinte de folie à Tervuren dans l'ancien Pavillon du prince d'Orange. Le 3 mars 1879 un incendie ravagea l'édifice et Charlotte fut sauvée de justesse. Elle habita jusqu'à sa mort au château de Bouchout à Meise.

Léopold II et le domaine de Tervuren

Tervuren doit principalement sa réputation actuelle de commune belle et pittoresque au roi Léopold II. Celui-ci lui a donné l'aspect d'une oasis de verdure. En vertu de la loi du 22 mars 1853, il disposa du parc de Tervuren en tant qu'héritier du trône et duc de Brabant. Il n'a pas simplement préservé l'antique domaine ducal pour sa descendance, mais il l'a considérablement étendu et aménagé. La Promenade royale avec son Bois des Capucins, le parc avec ses jardins à la française et ses étangs, son Palais des Colonies, son musée d'Afrique centrale, l'avenue de Tervuren, le Ravenstein avec son club de golf sont des témoignages visibles des réalisations du souverain qui voyait les choses en grand et avait une prédilection pour Tervuren Bon nombre de ces réalisations datent de 1897, lorsque, à la demande du roi, fut organisée l'Exposition coloniale en tant que section de l'Exposition universelle de Bruxelles. Plus d'un million de visiteurs découvrirent le Congo, ses richesses économiques et culturelles, et même ses habitants : 267 Congolais résidèrent en juillet et août 1897 dans le parc de Tervuren. Sept d'entre eux moururent ici et furent enterrés au cimetière de Tervuren.
Léopold II,

(bronze exposé lors de l’Exposition
mondiale Bruxelles-Tervuren en 1897)

L’histoire de Tervuren est illustrée à la Ferme de Melin, le musée communal deTervuren.                                                                                                                           
Hof van Melijn, 6 Melijndreef (piétonnier à côté du Centre administratif ), 3080 Tervuren
tél. 02.769.20.81 (Tourisme)
Ouvert vendredi, samedi et dimanche de 14 à 17 heures.