Tervuren Info

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Artistes

Envoyer Imprimer PDF

L'Ecole de Tervueren,
une colonie d'artistes du XIX e siècle

A partir de 1850-1855 des artistes vinrent de Bruxelles à Tervuren pour fixer la nature sur leur toile. Dès 1860, une colonie de peintres paysagistes, comparable à l'Ecole de Barbizon en France, s'installa à Tervuren. En 1866 apparaît le nom « Ecole de Tervueren » grâce à laquelle la commune fut à nouveau remise à l'honneur sur le plan international.

Trois générations d'artistes se succéderont jusqu'en 1914. Ils commencent par s'insurger contre les règles trop strictes de l'académisme et se consacrent surtout à la peinture de plein air. La nature est leur seul maître et ils choisissent leurs sujets dans la forêt de Soignes, dans la vallée de la Voer, les prairies et les champs environnants. En l'espace d'un demi-siècle, ce mouvement artistique passa de la vision romantique et du réalisme émotionnel, à un impressionnisme typiquement belge.

Les membres du premier groupe résidèrent la plupart du temps à Tervuren, groupés autour de leur porte-étendard Hippolyte Boulenger. Parmi les principaux, citons Joseph Coosemans, Jules Montigny, Edouard Huberti  et Alphonse Asselbergs.

Une deuxième génération, avec entre autres Guillaume Vogels, Isidore Verheyden, Jean-Baptiste Degreef  et Lucien Franck, adopta les mêmes principes et vint fixer sur la toile les mêmes sites des environs.

Hippolyte Boulenger séjourna à l'auberge « Au Renard » sur la place du Marché. Boulenger mourut jeune, en 1874. Son principal collègue Joseph Coosemans fut professeur de peinture paysagère à l'Institut supérieur des Beaux-Arts d'Anvers et envoya des élèves à Tervuren, entre autres Armand Maclot, Paul Leduc, Emiel Jacques. Ces derniers formèrent la troisième génération. Vers 1910-1914, ceux-ci cherchèrent d'autres horizons.

« L'Ecole de Tervueren » a posé un jalon important dans le développement de la peinture en Belgique. Elle fait partie du courant international du XIX e siècle qui rétablit la nature et ses éléments comme sujet principal de la peinture.


Chronologie de  l'Ecole de Tervueren

1840-1850
Les précurseurs de l'Ecole de Tervueren, des peintres et des graveurs comme Paul Lauters, Edmond de Schampeleer et Théodore Fourmois dessinent et peignent dans la forêt de Soignes et dans les environs de Tervuren.

1859
Camille van Camp séjourne à Paris, peint à Barbizon et découvre ensuite  Tervuren qu'il considère comme une sorte de Barbizon belge.

1863-1864
Camille Van Camp emmène son ami Hippolyte Boulenger à l'auberge « Au Renard ». Là, Hippolyte Boulenger rencontre Joseph Coosemans, un employé un peu plus âgé que lui, qui avait développé ses talents de paysagiste avec entre autres Théodore Fourmois. Ensemble avec Jules Raeymaekers, Edouard Huberti, Alphonse Asselbergs, Louis Crépin, Hendrik van der Hecht, Jules Montigny et d'autres artistes, ils forment ce qu'on appelle la première génération de l'Ecole de Tervueren.

1866
Au Salon de Bruxelles apparaît, telle une provocation, le nom "Ecole de Tervueren". Le nom est depuis lors devenu historique.

1866-1873
Les peintres de Tervuren prennent de nombreux contacts avec des collègues tels Louis Artan, Théodore Tscharner, Frantz Binjé, Alfred Verwee, et  avec d'autres paysagistes de l'Ecole de Kalmthout et de Termonde comme Théodore Baron, Isidore Meyers et Adrien-Joseph Heymans. Certains de ceux-ci viennent également peindre les sites connus de Tervuren.

1874
Hippolyte Boulenger meurt à l'âge de 37 ans. Il est à ce moment reconnu comme la figure principale de l'École de Tervueren et le grand réformateur de la peinture de plein air en Belgique.


1875-1895
Dans le sillage d'Hippolyte Boulenger et de ses amis, des dizaines de paysagistes se rendent à Tervuren et dans la forêt de Soignes. Ils forment une deuxième génération de peintres, avec entre autres Isidore Verheyden, Jean-Baptiste Degreef, Guillaume Vogels, Franz Courtens (Ecole de Termonde), Lucien Frank. D'autres sympathisants tels Adolphe Hamesse, Théodore Hannon, Richard Viandier, Marie Collart, Louise Héger et Anna Boch dressent leur chevalet dans les environs.

1900-1914
Le dernier groupe de paysagistes, la troisième génération, comprend surtout des élèves de Joseph Coosemans. Ceux-ci furent envoyés par leur maître depuis Anvers à Tervuren pour y fixer sur la toile des sites connus. Les principaux peintres sont Emiel Jacques, Armand Maclot, Paul Leduc, Emiel Walravens, Alfons de Clercq, Emmanuel Viérin. Ces derniers furent accompagnés de nombreux collègues issus principalement des environs de Bruxelles tels Amédée Degreef, Alfred Bastien, Maurice Wagemans, Adolphe Crespin, Victor Colsoul, Edmond Verstraeten.

Après 1914-1918
L'Ecole de Tervueren n'existe plus en tant que groupe, mais des centaines de peintres continuent à parcourir la forêt de Soignes pour y peindre en plein air.

Texte traduit pour  le musée  Ferme de Melin (Hof van Melijn)


Dotrement – Dubrunfaut – Somville

Edmond Dubrunfaut


Edmond Dubrunfaut
(Denain, France, 1920) est un artiste social. Toutes ses expériences vécues se retrouvent dans son œuvre. En 1947, il fonda « Forces Murales » avec Roger Somville et se consacra avec ardeur à la revalorisation de la tapisserie murale de grande dimension.
Dubrunfaut a toujours tenté d’intégrer l’art dans la société.
Selon lui, l’art doit être présent là où l’homme vit, travaille et se repose. Ses tapisseries, ses dessins, ses aquarelles et ses peintures sont empreintes de réalisme expressif.

Une tapisserie d’Edmond Dubrunfaut exposée à la Ferme de Melin.
Roger Somville (Bruxelles, 1923) est un des artistes belges les plus authentiques. De par ses nombreuses expositions internationales il est connu et apprécié dans le monde entier.
Il a toujours été un artiste très engagé. Ceci se révèle dans son style expressif et monumental. A partir de 1946, il se passionna pour  faire revivre l’art du tapis (ea. avec Edmond Dubrunfaut), la céramique et
l’art mural. Parmi ses oeuvres exceptionnelles, on retrouve par exemple « Notre Temps », la décoration de la station de métro Hankar à Bruxelles.
L’art de Somville est un art intériorisé, interprété, plein de tempérament et de couleurs.

 

Christian Dotremont naquit en 1922 dans une maison de la place du Marché à Tervuren (actuellement, le  salon de consommation « Mont Blanc »). Il était poète, pamphlétaire et artiste. Il est connu comme cofondateur du mouvement COBRA, un mouvement artistique innovateur lancé en 1948 à Paris et dont il resta l’inspirateur même après la dissolution du groupe en 1951.
En 1967 il séjourna à l’Hôtel Royal situé à Tervuren, au coin de la chaussée de Louvain et de la place du Marché. C’est là que lui vint l’idée de représenter graphiquement ses poèmes, de faire ses « logogrammes ». Il habita durant les dernières années de sa vie à la «  Pluie de Roses », une maison pour personnes âgées située à l’avenue Albert. Il décéda en 1979.

Texte que nous avons traduit  pour  la Ferme de Melin (Hof van Melijn), le musée communal de Tervuren